SITE DE L'ANCIENNE RAFFINERIE :

Future zone à risques cumulés ?

La zone de la raffinerie de Reichstett, où sont stockés 500 000 m3 d’hydrocarbures, est sous la menace de deux nouveaux projets d’implantation :  

  •  Un site de géothermie profonde - Société Fonroche
  •  Une zone de stationnement de 2 rames de 20 wagons remplis de gaz pétrole liquide (GPL) - Wagram Terminal

Pourquoi concentrer autant de risques sur un site classé SEVESO ?

 

Pourquoi permettre à Reichstett un forage de géothermie profonde, alors que les habitants de Strasbourg-Robertsau l'ont refusé ?


L’association « Préserver Reichstett et ses Environs » (PREE) :

un mouvement citoyen pour informer, rester vigilant et défendre les intérêts des habitants de Reichstett.

 

pree.reichstett@gmail.com

06 87 55 52 44

Cotisation : 10 euros par famille

à envoyer à PREE - 5 rue Kloeck - 67116 Reichstett


Rejoignez l’association PREE pour être informés et défendus !



PREE - Rapport moral de l’Assemblée Générale Ordinaire du 21 avril 2012

 

 

Pourquoi une association pour la défense des intérêts de Reichstett ?

 

Notre association est née à l’occasion d’une fête d’anniversaire entre voisins début 2016, quand certains d’entre nous, mieux informés que les autres, ont évoqué le probable prochain stockage de wagons de GPL et le forage à venir à des fins géothermiques sur le site de l’ancienne raffinerie.

 

Toutes les personnes présentes savaient plus au moins que la zone de l’ancienne raffinerie était concernée par différents Plans de Prévention des Risques Technologiques (ce que l’on appelle des « PPRT ») et que ces plans étaient liés aux activités Seveso des entreprises ARLANXEO ELASTOMERES ou LANXESS, Butagaz et Wagram terminal.

 

En effet l’ex raffinerie PETROPLUS de Reichstett avait cessé son activité dans les conditions que l’on sait en avril 2011 et le site avait été morcelé ; une partie a été vendue à la société Wagram terminal qui l’exploite à des fins de stockage d’hydrocarbures, une autre petite partie du terrain situé à l’ouest a été vendue à la SAFER et l’ensemble des terrains restant, soit 469 ha, ont été cédés à Brownfields, un investisseur spécialisé dans la reconindustrielles.

 

A l’est de ce terrain, donc plus près de la Wantzenau, se trouve ARLANXEO ELASTOMERES ou LANXESS qui est le plus grand site de production de caoutchouc nitrile au monde. Il fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Y sont stockés de l’acrylonitrile, de l’ammoniac et du butadiène.

 

Devions-nous vraiment nous réjouir d’accueillir dans une zone toute proche de nous, trois établissements classés Seveso à seuil haut, quand l’ensemble du département du Bas-Rhin n’en compte que 15 et que l’Eurométropole strasbourgeoise n’en a que quatre, les 3 de Reichstett, la quatrième étant la zone à risque du port au pétrole ? En raison du volume des matières potentiellement dangereuses chacun de ces sites est exposé à des risques d’incendie ou d’explosion par inflammation d’un produit au contact d’un autre ou d’une flamme,  avec des effets probables de brûlures, d’asphyxie ou d’autres lésions.

 

Que devons-nous craindre exactement ?

-         Des explosions de butadiène avec boules de feu, ce que l’on appelle des phénomènes de BLEVE.

-         Des « flashfire » c’est-à-dire des feux qui se propagent rapidement dans un combustible dispersé (comme le gaz).

-         Des jets enflammés ou feux « torch » qui résultent des ruptures des fuites sur les canalisations de gaz. Ces jets s’enflamment immédiatement dès la naissance de la fuite.

-         la dispersion d’ammoniac ou d’acrylonitrile, ces phénomènes générant des effets toxiques.

 

Nous apprenions que sur ce site trois fois Seveso allaient pouvoir circuler et s’installer deux rames de 20 wagons de GPL ainsi qu’une entreprise qui allait forer jusqu’à 4500 m de profondeur, juste au-dessus et à travers la nappe phréatique.

 

L’enquête publique ne concernerait pas les habitants de Reichstett puisque ces entreprises n’allaient pas s’installer sur le ban de notre ville, mais sur celui de Vendenheim, alors même que nos habitations étaient les plus proches. Il nous est apparu clairement que l’EUROMETROPOLE avait délocalisé ses problèmes et que Reichstett servirait de site refuge (site refuge que certains n’hésitent pas à qualifier de site poubelle) pour accueillir ce que d’autres ne voulaient pas.

Dès lors les choses pour nous étaient claires. Plutôt que de rester chacun dans notre coin, nous allions créer une association. Elle s’appellerait «  Préserver Reichstett Et ses Environs » (PREE) et aurait pour objet de prévenir les risques environnementaux, et notamment de lutter contre l’implantation et l’extension d’industries dangereuses, mais aussi de préserver la qualité de notre vie et notre sécurité.

Les statuts en ont été adoptés le 2 avril 2016. L’association a été inscrite au registre des associations le 19 mai 2016 et la publication a été faite dans les affiches d’Alsace et de Lorraine le 27 mai 2016.

 

Nous avons découvert plus précisément au fur et à mesure que nous avancions dans nos lectures à quel point la géothermie profonde ou le stockage de wagons de GPL pouvait avoir pour nos biens et pour nous des effets négatifs :

-         le premier risque, et ce n’est pas le moindre, c’est la sismicité induite : les expériences antérieures notamment en Allemagne ou en Suisse ont conduit à des dégâts importants sur les bâtiments (près de 300 bâtiments endommagés à Saint-Gall en Suisse et autant à Landau en Allemagne). A Soultz sous forêt, 70 plaintes environ avaient été enregistrées pour dommages présumés sur des habitations à la suite des séismes de magnitude 2,6 en 2000 et de 2,9, ressentis jusqu’à Haguenau, en 2003.

-         Le deuxième risque est celui d’une pollution de la nappe phréatique. Nous avons la chance de disposer de l’une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe. L’entreprise FONROCHE

creuserait à travers cette nappe pour ensuite atteindre une profondeur de 4500 m

-         Enfin l’utilisation d’isobutane par Fonroche sur leur propre site ajoute un risque d’explosion en cas de fuite à travers une zone qui, rappelons-le, est déjà classée Seveso trois fois

Plus qu’un long discours, une consultation de notre site sur Internet vous renseignera plus clairement et plus complètement.

Pour ce qui est des rames de wagons, il suffira de rappeler l’explosion de LOS ALFAQUES ou celle plus récente en Bulgarie. Un train en Bulgarie avait déraillé en décembre 2016 et ravagé le centre d’un village du nord-est de la Bulgarie. Ces deux exemples démontrent l’effet bombe et napalm d’un accident grave. Monsieur Bourhis, conseiller municipal de la ville de Hoenheim, rappelait le risque incendie : en cas d’incendie à proximité d’une montée en température et en pression des wagons-citernes, il y aurait rupture mécanique et phénomènes de BLEVE (boiling liquid expanding vapor explosion) par la dépressurisation du gaz liquéfié puis vaporisation explosive et boule de feu à 1000°.

 

Il est de toute façon étonnant de relever que la ville de Strasbourg n’avait pas voulu du projet de géothermie au port au pétrole et avait enregistré l’opposition de l’ADIR, une association déjà ancienne et puissante d’habitants de la Robertsau, ainsi que celle de l’Allemagne proche.

Nous craignons nous-mêmes que forer dans ces conditions et dans une zone qui cumule tous ces risques, c’est jouer à l’apprenti sorcier.

 

Nous avons constaté ensuite que dans sa revue trimestrielle, « Reichstett au fil des saisons », datée du 30 décembre 2015, la municipalité avait fait figurer un article intitulé lancement du réaménagement du site de l’ancienne raffinerie en ECOPARC rhénan. Pas un mot par contre ni sur les wagons ni sur la géothermie. Il faudra attendre le 31 avril 2016 pour que cette même revue dédie deux pages au projet de forage et de stockage. On pouvait lire en titre « Notre combat contre le projet de forage d’un puits de géothermie et d’un projet de stationnement de wagons de GPL sur le site de l’ancienne raffinerie ». Et un peu en dessous : « Reichstett dit non ».

 

Cet article était intéressant et documenté. Monsieur Norbert Anzenberger écrivait alors « D’ailleurs pourquoi l’idée d’implanter un puits de géothermie en zone Seveso à Strasbourg et considérée comme mauvaise par Roland Ries et Robert Hermann, deviendrait-elle soudain bonne pour Reichstett ? Roland RIESS a expliqué que choisir un site Seveso avec un PPRT c’est multiplier les risques, c’est créer inutilement une angoisse par rapport à cette filière et c’est un autre site non Seveso qu’il faut choisir pour expérimenter cette technologie ». Comme lui, disait Monsieur ANZENBERGER, nous soutenons cette filière et comme lui, nous estimons que cette technologie doit être expérimentée sur des sites non Seveso. Aujourd’hui il semble que l’Eurométropole soit à la manœuvre et demande aux élus et vice-présidents de sa majorité d’approuver ou de faire approuver ces projets aux communes voisines. Nous ne pouvons, poursuit M. ANZENBERGER, qu’être étonnés de l’attitude de certains élus en charge de ces dossiers sensibles et nous le regrettons. Mais Reichstett ne cédera pas à ces pressions. Que ce soit pour la géothermie comme pour d’autres projets, ce que Strasbourg refuse ne doit pas être imposé aux communes, membres de l’euro métropole. » La partie de l’article relative aux wagons rappelait les accidents de BLEVE connus et remarquait très judicieusement que ce projet ne tenait pas compte de notre état de guerre actuel (le terrorisme) ni des projets d’extension de l’habitat de la commune dont les premières habitations seront situées à 0,5 km du site de stationnement des wagons GPL .

 

On pouvait lire ensuite, sur des banderoles situées à l’entrée de la ville ou devant la mairie, que Reichstett ne voulait ni des wagons ni de la géothermie.

 

Dans ces conditions nous nous sommes évidemment rapprochés de la mairie pour chercher avec elle des voies d’action conjointes mais les contacts n’ont guère abouti et nous avons donc formé en notre nom un recours gracieux contre l’arrêté préfectoral autorisant le forage et un autre contre l’arrêté préfectoral autorisant le stationnement des wagons, recours qui bien évidemment n’ont pas abouti : il fallait compter sur la détermination sans faille de la Préfecture, de l’Eurométropole et les discours enflammés de Monsieur Hermann ou de Monsieur RIESS.

 

Malgré ces déconvenues,

-         nous avons recueilli près de 1000 signatures de personnes à Reichstett opposées à la géothermie profonde et/ou au stationnement de wagons de GPL

-         nous avons continué à nous documenter le plus possible à l’occasion de lectures, de consultations d’Internet, de réunions ou de colloques et de devenir ce que la conférence-débat de la DREAL le 8 novembre 2016 a qualifié, un peu pompeusement ou un peu moqueusement, de proto-experts

-         nous avons rencontré l’ADIR et la mairie d’OBERHAUSBERGEN, qui l’une et l’autre sont allées au bout de leurs idées et qui ont formé un recours contentieux contre l’arrêté préfectoral

-         nous avons recueilli près de 1000 signatures de personnes à Reichstett opposées à la géothermie profonde et/ou au stationnement de wagons de GPL

-         nous avons affiché devant nos maisons notre opposition au projet de wagons de GPL ou de géothermie

-         nous avons diffusé des informations par tracts, mails ou au moyen du site que nous avons créé et que nous continuons d’entretenir régulièrement

-         nous nous faisons connaître et nous faisons parler de nous notamment au travers la presse locale c’est-à-dire les Dernières Nouvelles d’Alsace

-         nous augmentons continuellement le nombre de nos adhérents, une centaine de familles actuellement,

-         nous nous réunissons périodiquement à l’intérieur d’un groupe informel constitué pour l’essentiel de la mairie de Reichstett, de Fonroche et de notre association pour y poser directement les questions que nous nous posons tous :

c’est ainsi que nous avons obtenu que FONROCHE prenne en charge 530 constats d’huissier portant sur l’état actuel des maisons qui se situent dans un périmètre proche des puits de forage ou à l’intérieur d’un maillage dans Reichstett, ceci dans l’intérêt réciproque des habitants mais bien entendus de FONROCHE aussi

-         nous faisons partie d’un comité de suivi créé par notre Préfet. La première réunion avait été fixée à la mairie de Vendenheim le 21 mars 2017. Soit dit entre parenthèses : les forages ou les wagons ne font plus partie des préoccupations premières de nos voisins de Vendenheim, qui sont beaucoup plus loin que nous des zones de stockage ou de forage et qui se sont concentrés davantage sur le problème que leur pose le GCO. Je pourrais vous dresser la liste exhaustive de tous ceux qui font partie de ce comité de suivi et ils sont nombreux. Mais rares sont ceux qui sont aussi concernés par le problème que les habitants de notre ville. Je crois que le Général De Gaulle appelait ce genre de comités des comités THEODULE …

-         nous sommes convenus avec l’huissier qui avait été mandaté par Fonroche, c’est-à-dire Maître Westermann, et avec un huissier nous avons choisi, en l’occurrence Maître Sayer, de la possibilité de constats supplémentaires à la charge cette fois de ceux qui les demanderont, à des tarifs spécialement étudiés (180 € TTC  pour un constat de base).

A ce sujet, nous demandons d’ailleurs à toute personne dont la maison aura fait l’objet d’un constat d’huissier de bien vouloir nous signaler en même temps qu’à FONROCHE, toute détérioration, toute fissure, toute dégradation intervenue après ce constat, de manière ensuite à faciliter des actions et revendications communes.

 

Certains ont pu considérer que les recours gracieux n’ayant pas abouti, et qu’en l’absence de recours contentieux, il n’était plus possible de faire quoi que ce soit ; nous ne pourrions plus en quelque sorte qu’être fatalistes et espérer que tout irait bien. Nous pensons AU CONTRAIRE que l’association trouvera pleinement dans les temps qui viennent sa raison d’exister.

C’est vrai, Fonroche entreprendra ses travaux au début de l’été et des wagons sont déjà stockés sur le site.

 

Mais nous allons suivre avec une attention redoublée l’évolution de la situation et nous serons intransigeants pour ce qui est du respect des cahiers des charges. Nous n’hésiterons pas s’il le fallait à trouver les voies d’action nécessaire, même judiciaires, pour réagir contre tout débordement, nous appuyant par exemple sur les dispositions du Code Pénal relatives à la mise en danger d’autrui (art 223-1) ou sur le principe de précaution qui figure toujours dans la constitution.

 

On nous dit que toutes les précautions ont été prises. À titre d’exemple pour LANXESS on nous parle d’un effectif-sécurité sur place de 75 personnes, de moyens d’alerte, d’un réseau incendie, d’agents extincteurs spécifiques, de moyens mobiles ou fixes d’intervention, d’équipements spéciaux. On nous dit qu’en cas d’accident grave l’équipe d’intervention de l’entreprise sera renforcée par des moyens de secours publics dont la mise en œuvre s’intègre dans les différents plans POI puis PPI dans le cas d’un accident qui aurait des conséquences hors du site.

 

Nous vous répondrons que FUKUSHIMA, TCHERNOBYL, LOCHWILLER, LOS ALFAQUES et quelques autres n’auraient dans ces conditions jamais dû exister.

 

Une association aujourd’hui est la cellule de base de notre société, une véritable école de la démocratie. Elle est débarrassée de toute idée d’intérêt, de toute ambition politique ou autre. L’association permet à ses membres de mettre en commun leurs connaissances, leurs moyens, leur savoir-faire et leur énergie au service d’une idée collective. Et cette idée collective, c’est notre bien-être et notre sécurité. Que serions-nous individuellement face à WAGRAM, FONROCHE, etc. ??

Ça n’est pas forcément les sommes qu’elle détient ou qu’elle peut dépenser qui font la force d’une association mais ce sont les femmes et les hommes qui la composent et la soutiennent. Et c’est pourquoi nous souhaitons que les habitants de Reichstett prennent conscience de leur intérêt et choisissent d’adhérer à PREE ; nous avons besoin de gens qui nous apportent leur soutien, et aussi, pour ceux qui le peuvent, de personnes qui peuvent nous donner un peu de leur temps, nous apporter un peu de leur connaissances et sur lesquels nous pourrons compter en cas de coup dur.

 

 

 

Je ne conclurai pas sans remercier tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous ont aidés dans nos démarches ou qui donné leur temps et leur énergie, pour créer et distribuer des tracts, pour créer nos affiches, pour lire et apprendre, participer à des rencontres, mettre sur pieds notre site, diffuser des informations, etc. Merci à tout le Comité pour son travail.